Tristan Nitot, un dinosaure dans un jeu de quilles… numérique

Tristan au pupitreToujours aussi drôle, Tristan – 17 ans de Mozilla – nous a introduit au projet Firefox OS en partant de la réussite de Mozilla pour redynamiser le domaine des navigateurs pour ordinateur où même Internet Explorer est utilisable aujourd’hui.

Connecter 2 milliards de futurs internautes

Cependant, le monde à changé en 10 ans. Un rapide sondage dans la salle montre que seuls 4 participants (plus ceux qui n’ont pas osé lever la main) n’ont pas de smartphone. Cependant, il n’y a que 2 milliards d’internautes sur 7 milliards de terriens. Donc, il y a de la marge pour connecter les 5 milliards restants.

On estime que dans les 5 ans à venir 2 milliards de nouveaux internautes vont découvrir Internet sur des smartphones. Ce ne sera pas à partir de PC parce que ce sera sur des marchés dans des régions où le PC n’a pas encore percé et ils vont aller directement de rien ou du téléphone dit feature phone au smartphone. Il s’agit de faire découvrir Internet et tout ce qui est informatique connectée. La question est : avec quoi va-t-on le faire ?

Deux modèles dangereux

Aujourd’hui, il y a deux acteurs que Tristan refuse de nommer. Il y en a un qui est très haut de gamme. Son approche est de contrôler tout l’écosystème. Il contrôle la distribution du SDK (ce qui vous permet d’écrire des applications avec une carte bancaire). Après avoir développé votre logiciel avec leur langage et leurs API, vous leur demandez la permission de diffuser le logiciel. Ils décident qui a le droit d’être distribué et qui n’a pas le droit. Ça permet d’avoir un écosystème relativement carré et coupé au cordeau.

L’inconvénient c’est que la liberté de l’utilisateur passe complètement à la trappe puisqu’il ne peut pas décider de faire son propre logiciel et de le distribuer de son côté parce qu’il faut forcément une approbation par un organisme centralisé, par une société qui est très loin de chez vous et dont les valeurs ne se reflètent pas localement.

Les exemples de censure sont légion. Tristan prend alors l’exemple du caricaturiste pas assez gentil avec les personnages politiques qu’il caricaturait qui avait vu son application rejetée jusqu’à ce qu’il reçoive le prix Pulizer.

Il y a un vrai problème de liberté avec ce modèle.

Il y a une deuxième acteur que Tristan refuse encore plus de nommer qui a une approche plus diversifiée en terme de téléphones qui sont fabriqués par de nombreux fabricants mais dont le business est l’accumulation de données personnelles en vue de profiler l’utilisateur et le nourrir avec de la publicité ciblée. C’est-à-dire que plus il en sait sur vous plus vous valez quelque chose pour les annonceurs. On le sait maintenant : les annonceurs publicitaires sont les vrais clients qui paient la société et nous finalement on est en tant qu’utilisateur que la matière première pour leur business model.

Pour couronner le tout, ces deux systèmes de téléphones sont incompatibles entre eux : vous faites une application pour l’un, elle ne va pas tourner pour l’autre. Ce n’est pas bon pour nous utilisateurs. Quand on va vouloir passer de l’un à l’autre, il va falloir abandonner nos applications et nos achats. Plus on achète, moins on a la possibilité ou plus c’est douloureux de changer de plateforme. C’est un phénomène classique du marketing des plateformes. Ça s’appelle du vendor lock-in (NDM : enfermement propriétaire).

Le développeur qui veut toucher l’autre gros marché après avoir écrit une application pour toucher le premier gros marché va devoir réécrire son application dans un autre langage, avec d’autres API et d’autres guidelines (règles) pour la diffusion de son application.

En résumé, les utilisateurs ne sont pas bénéficiaires, les développeurs ne sont pas bénéficiaires, mais qui est bénéficiaire ? Et bien, les vendeurs de plateformes : 2 sociétés au monde !

Salle des fêtes comble, David au pupitre (photo Nitot via Twitter)

Salle des fêtes comble pour les présentations

Leçons à tirer de situations passées semblables

Cela rappelle aux anciens comme Tristan plusieurs époques où il s’est passé un certain nombre de choses dans l’industrie de l’informatique très comparables. À une époque les Mac n’étaient pas compatibles avec le PC et à une autre des services en ligne (avant Internet) – AOL et CompuServe – avec lesquels vous ne pouviez pas envoyer des mails à l’autre service et inversement.

Et, le Web est arrivé ! Ça a mis tout le monde d’accord. Les gens ont pu commencer à écrire des pages Web et ils pouvaient juste en faisant « view source » voir le code d’une page Web. Ils pouvaient bidouiller, apprendre, fabriquer, construire… Ça a donné lieu, puisque tout le monde pouvait participer sans demander la permission, à des innovations extraordinaires en 20 ans qui ont changé complètement nos vies.

Du jour où ça a commencé à vraiment marcher, les AOL et les CompuServe se sont aperçu que le Web c’est tellement gros, que les utilisateurs voulaient de l’ouverture et de la liberté, que les utilisateurs ne voulaient plus rester dans leurs enclos et qu’ils allaient être obligés d’ouvrir vers Internet. On a pu alors commencer à envoyer des emails vers l’internet et en recevoir depuis l’internet. C’était un peu une révolution. Ensuite, on a pu surfer le Web depuis ces abonnements. Et à la fin, ces services propriétaires se sont complètement atrophiés et maintenant le Web a triomphé.

Ça a eu aussi un impact sur le marché des PC et du Mac qui étaient des plateformes incompatibles mais le Web est arrivé et les développeurs ont commencé à faire des applications Web qui tournaient dans un navigateur. Peu importe que vous ayez une machine sous Windows, sous Linux ou sous Mac, vous pouviez utiliser l’application Web. On s’est retrouvé avec des applications puissantes (ex. Google Maps). Ça a permis de faire décoller Linux et de le rendre utilisable (vous n’étiez pas obligé d’attendre que Google fasse une version de Google Maps pour Linux). Le Web a mis tout le monde d’accord.

Les valeurs attachées au Web

Il y a des valeurs qui sont vraiment intégrées au Web. La notion de bidouillabilité est essentielle. Le numérique est vraiment en train d’envahir nos vies et il est donc essentiel que le logiciel soit bidouillable de façon à avoir le contrôle sur nos vies.

C’est aussi une école de la participation. Grâce au Web qui est bidouillable, je peux regarder comment ça fonctionne ; je peux commencer à prendre le contrôle de ma vie parce que je peux changer des choses. C’est ce qui a d’ailleurs permis l’émergence du Logiciel libre (grâce à des services comme SourceForge et GitHub). Grâce au Web, on peut avoir une participation massive à l’échelle du monde. Mozilla en est une exemple.

Le pari de Mozilla

Le pari que Mozilla fait c’est ce qui est arrivé dans le monde du PC avec le Web arrivera à nouveau dans le monde du mobile : qu’on sorte de ces 2 silos incompatibles et qu’on passe à un monde qui soit ouvert.

Et pour ça, l’idée était délirante quand elle est sortie le 25 juillet 2011 où un collègue sans prévenir personne à créer sur GitHub un dépôt avec un fichier « readme.txt » dedans qui disait : « à cet endroit se trouvera le code source d’un système d’exploitation pour le Web ». Dès la première seconde, c’était ouvert. Ses collègues de la communication ont halluciné. En plus, 25 juillet, date pourrie, tout le monde est sur la plage aucune reprise presse. Dieu merci ! d’ailleurs on n’était pas prêt. De façon visible sur ce dépôt, on a commencé à créer un système d’exploitation mobile pour le Web.

L’idée étant toute simple : on ne veut pas faire un troisième ou un quatrième écosystème propriétaire incompatible avec les autres. On veut utiliser la puissance du Web et la mettre dans un téléphone pour que les gens écrivent des applications Web qui vont tourner dans ce téléphone et on espère dans plein d’autres téléphones qui sont soit bâtis sur le même modèle – juste avec un navigateur dedans – soit des smartphones d’ancienne génération sur lesquels on a rajouté un navigateur pour faire tourner des applications Web.

Ça, c’était l’idée qui apparaissait comme délirante en juillet 2011, mais il y a eu un travail de fond énorme qui a été fait et en février 2012 au Mobile World Congress de Barcelone – le grand salon mondial de la téléphonie mobile et du smartphone – on a envoyé une équipe de cadres de chez Mozilla pour présenter un prototype de ce qui allait s’appeler Firefox OS. À l’époque, ça s’appelait B2G pour Boot to Gecko, Gecko étant le moteur de Firefox. C’était démarrer et immédiatement lancer Gecko, le moteur de Firefox. Ils ont été extrêmement surpris de voir tous les grands acteurs de la téléphonie mobile dire : « mais c’est génial, enfin on va pouvoir se libérer du joug de ces deux grandes marques » que Tristan n’arrive toujours pas à citer.

Une réalité

Ce qui était une simple expérimentation est devenu un vrai projet dans lequel Mozilla a investi massivement au point qu’en juillet 2013 les premières ventes de téléphones équipés de Firefox OS. Firefox OS était présent dans des magasins de téléphones mobiles avec un grand opérateur, en l’occurrence Telefónica.

Ça a continué jusqu’en juillet-août quand les premières ventes sont arrivées en France avec ZTE. Mozilla fait du logiciel libre dont le code est disponible sur le Web mais derrière il faut du matériel où on installe Firefox OS. Ensuite, il faut des boutiques pour le vendre.

On vient de lancer en Inde et au Bangladesh. Firefox OS est lancé dans 23 marchés avec 11 modèles de smartphones. C’est une vraie réalité pour les partenaires qui font du matériel. On a su les convaincre de fabriquer ce matériel et de diffuser ce matériel.

C’est bien mais c’est juste un début. Aujourd’hui, on a réussi à sortir de l’ombre des géants. Avant, on existait pas du tout. Maintenant, on commencer à exister. Les analystes se rendent compte qu’il faut compter sur Firefox OS. Mais, ce n’est pas encore gagné.

Le défi des geeks

Firefox OS est encore très jeune. Il y a à peine plus d’un an qu’il est sorti en version 1.0. Il y a encore du travail. Aujourd’hui, il est idéalement positionné pour quelqu’un qui n’a pas encore de smartphone et dont ça va être le premier smartphone. Si on veut convaincre les geeks d’utiliser ça comme smartphone principal, il va falloir monter en gamme en terme de matériel. On y travaille mais ça ne va pas être tout de suite parce que pour ça il faut que le logiciel soit cohérent en terme de niveau de fonctionnalités et de finitions. Quand vous achetez du matériel cher, il faut que le logiciel qui tourne dessus ait ce même ressenti de qualité. Cela demande beaucoup de travail. Actuellement, on monte progressivement en gamme. Pour l’instant, Firefox OS est destiné clairement à l’utilisateur de feature phone qui veut avoir son premier smartphone.

Firefox OS commence à être visible. Il est compris par l’industrie du mobile, mais il lui manque encore des choses : de la maturité pour convaincre les utilisateurs avancés, des applications et des utilisateurs pour peser dans l’industrie pour être inévitable.

Firefox OS fondamentalement a besoin de vous pour nous aider à déboguer le logiciel, l’améliorer et écrire des applications. Aidez-nous parce que notre futur numérique en dépend !

David Scravaglieri

David Scravaglieri, directeur de l’ingénierie, encadre l’équipe d’ingénieurs qui travaille sur Firefox OS et qui développe au quotidien tous les logiciels sur le smartphone. Ce sont des équipes basées aux États-Unis, en Europe et à Taipei (Taiwan). Il encadre essentiellement les équipes en Europe et à Taipei.

Le Web est la plateforme mobile. Firefox OS est un système d’exploitation complet. La mission de Mozilla implique de fournir une plateforme ouverte et qui va respecter les standards HTML pour un Web interopérable et ouvert à tout le monde.

Comment c’est fait

Diapo Firefox OS : comment ça marche ? (David Scravaglieri)Comment ça marche ? Au départ, on a du matériel, le téléphone. Mozilla a rajouté un noyau Linux et des pilotes pour accéder aux spécificités du matériel. C’est une couche que Mozilla a appelé « Gonk » avec son sens du marketing et des jolis noms. Par-dessus Gonk, on a rajouté le moteur de rendu HTML de Mozilla, Geko, le même que dans votre navigateur Firefox. Au-dessus de ça, on a rajouté une couche qu’on a appelée « Gaia », l’interface utilisateur composée d’une application système et qui gère les applications utilisateur et le contenu Web. Toutes ces applications – tout ce que vous voyez sur votre téléphone – sont développées avec des technologies du Web : HTML, JS et CSS.

Les releases

Beaucoup de travail a été fourni pour comprendre ce qu’est une « release » (version). Quand Mozilla crée un navigateur Web, on a besoin d’avoir un PC, Mac, Windows, Linux et en téléchargeant le code source ça fonctionne. On peut l’avoir tout de suite. Il n’y a pas de règles spécifiques à respecter. Quand on a le code source, ça compile et c’est tout bon.

Quand on fait du mobile, c’est différent. Et ça, on a dû l’apprendre et ça a été long, et on a été très naïfs avec ça. Parce que, quand on a sorti la première version de Firefox OS, on a fait une grande semaine de développement à Berlin pour atteindre 0 bug. C’était fantastique : 200 bugs résolus par 200 personnes travaillant jour et nuit. Quand on est arrivé à régler 0 bug, on s’est dit : « Banco ! on y est. » Maintenant, les gens peuvent le télécharger. On va pouvoir le compiler et ça va marcher.

Erreur ! Parce qu’on est dans le monde de la téléphonie mobile avec plusieurs acteurs :

  • ceux qui fournissent le matériel, les OEM ;
  • ceux qui fournissent les réseaux, les opérateurs ;
  • un marché : c’est un pays qui a un gouvernement qui émet des lois qui vont gérer la téléphonie mobile pour la diffusion de réseaux, d’antennes…

… et il faut obéir à toutes ces règles.

La version livrée doit être adaptée au hardware (matériel). Le fabricant nous a fourni un matériel et il faut que les applications créées tournent bien sur ce matériel, qu’elles tirent partie des fonctionnalités du matériel, que les drivers (pilotes) soient adaptés, etc. Il y a tout un travail de certification de la part du fournisseur de matériel.

Ensuite, quelqu’un fournit le réseau : même chose, il y a des règles de réseau : des bandes passantes… Ils ont leur certification à faire passer pour que l’on soit compatible avec leur réseau. Il y a suffisamment de petites différences entre chaque réseau de chaque pays pour qu’il faille en tenir compte dans le logiciel.

David marchant avec son portableEnsuite, il y a le marché et il y a le pays dans lequel on vient s’implanter. Ce pays a des règles. David prend l’exemple du Bangladesh : on ne peut pas nommer un téléphone « 3G » si ce téléphone n’est pas compatible et ne permet pas de faire de la vidéo 3GP, une technologie vieille de plus de 10 ans.

Mozilla et Firefox OS sont des projets open source. Vous voyez tout ce qu’on fait, vous avez accès à tout le code que l’on produit et vous pouvez décider de le télécharger et de le compiler. Vous pouvez télécharger la version Nightly comme pour Firefox. Pour Firefox OS, la version du canal Nightly – la dernière version du code la plus à jour (elle est compilée ou pas, c’est vous qui la compilé alors) – ne remplit aucune certification. C’est la version la plus à jour mais ce n’est sûrement pas celle du marché. Pour obtenir toutes les certifications, il faut quelques temps.

Donc, Firefox OS 1.3 est la dernière version commercialisée de Firefox OS. C’est la version la plus aboutie à l’heure actuelle. Elle est certifiée sur différents marchés, par différents opérateurs et différents OEM. On s’engage à ce qu’elle fonctionne. Elle remplit toutes les règles de sécurité et toutes les contraintes que chaque pays impose sur les marchés où elle est diffusée.

C’est l’aboutissement des deux premières versions. La version 1.3 est plus mature. Elle est plus responsive (réactive). Elle vise toujours les marchés des personne qui vont « switcher » (passer) d’un feature phone ou d’un téléphone avec des caractères gris vers un smartphone. Ça va être les gens qui vont utiliser leur premier smartphone. Les passionnés, les geeks, les gens qui ont envie de suivre le projet, qui ont envie de bidouiller, qui ont envie de se dire que c’est un téléphone où l’on peut apporter quelque chose : je n’ai pas besoin de payer un environnement de développement pour faire une première application et je vais pouvoir la diffuser de façon beaucoup plus simple qu’avec les compétiteurs qu’on a sur ces marchés.

Sur le marché en 2015…

Diapo : Firefox OS 2.0 : homescreen vertical (David Scravaglieri)Aucune des versions que David va montrer – David les montre pour vous allécher un peu, pour montrer que ça bouge, qu’on avance, qu’on a envie d’aller plus loin et que l’on met toutes nos compétences pour transformer l’essai – n’est certifiée. Elle pourra marcher, ou pas, sur un téléphone que vous aurez bidouillé, mais aucune de ces versions ne peut être supportée ou considérée supportée par quelqu’un qui fabrique un téléphone ni sur un réseau donné, ni même sur un marché donné.

Firefox OS 2.0 : on a travaillé un petit peu. On a décidé de modifier le homescreen (écran d’accueil). On a opté pour un homescreen vertical. On peu avoir 3 icônes d’affichées ou 4, c’est selon. On a relooké les applications : on a essayé d’avoir une impression de respirer un peu plus, d’avoir des couleurs un peu plus light. Et, on a Flows. On a essayé de donner la sensation de pouvoir tout faire avec son pouce et de naviguer d’une application à l’autre rien qu’en faisant glisser l’application sur un des côtés. C’est une expérience d’utilisation un peu différente. C’est chose la plus novatrice par rapport à la version précédente, mais il y a une multitude de choses qui ont changé dans chacune des applications ; vous pourrez découvrir cela courant 2015.

Diapo : Firefox OS 2.0 : Flows (David Scravaglieri)

En version que l’on peut considérer comme très très immature : vous pouvez donc l’essayer à vos risques et périls pour vous amuser avec. Mais ça ne durera pas longtemps car au bout d’un moment faudra quand même recevoir des coup de téléphone et on aura peut-être envie d’envoyer des SMS.

Diapo : Firefox OS 2.1 : la RocketbarrLa Rocketbar qui se situera en haut du téléphone, dans la barre de status (notification) contient « search the Web » en version anglaise. Elle est présente sur toutes les applications qui qui voudront décider de la supporter. Ici, c’est l’application Messages. Quand on tape sur la Rocketbar, on a accès à de la recherche qui peut être faite soit parmi les applications du mobile soit sur le web ou directement. Ça veut dire qu’à partir de n’importe quelle application que vous utilisez vous êtes capable de faire une recherche sur votre mobile, dans une partie de vos données et sur les applications du Marketplace, et ainsi de suite. Quand vous faites une recherche, ça vous propose des applications ou vous pouvez cliquer sur la petite loupe en bas et ça vous ouvre une fenêtre de navigateur avec la recherche. Et avec Flows, vous pouvez décider de revenir en arrière sur l’application Message que vous utilisiez.

C’est Mozilla. On a une équipe qui travaille très fort, qui travaille beaucoup et qui met tout son inventivité dans les applications qu’elle développe. Ce n’est pas facile on a beaucoup de contraintes, essentiellement des contraintes techniques. On part de loin et David voulait juste vous montrer ce qu’on était capable de faire et ce qu’on prévoyait de faire dans le futur.

Lana, 16 ans

Lana, la fille de David a 16 ans, est en 1re S et parle de son quotidien avec Mozilla. C’est une développeuse. Elle a créée une application, The Wall, un petit jeu vidéo de casse-briques, développé avec les technologies natives de Firefox OS : HTML, CSS et JS. Vous pouvez retrouver le code source sur son compte GitHub (le jeu sera bientôt mis sur le Marketplace).

Résoudre les bugs

Firefox OS est une projet open source que tout le monde peut améliorer. C’est-à-dire améliorer son téléphone et partager ses améliorations. La principale manière d’améliorer le téléphone, c’est de résoudre les bugs.

Première chose à faire : télécharger le code source de Firefox OS sur GitHub et l’installer sur son téléphone. Il faut ensuite avoir un bug à résoudre.

Le plus facile pour trouver son premier bug, c’est d’aller sur Bugs Ahoy! Il s’agit d’une page Web qui liste les bugs « mentorés » de Firefox OS. Ce sont des bugs pour lesquels des personnes peuvent vous aider et vous guider pendant la résolution.

Son père a précisé pendant la séance de question suivant l’intervention de Lana qu’un bug « mentoré » est un vrai bug mais un bug qui n’est pas d’une importance extrême et qui est d’un niveau de facilité connu. On peut attendre avant de le corriger qu’un volontaire de la communauté essaie de le corriger. Pour cela, il est aidé par des mentors joignables sur les channels (canaux) IRC de Mozilla et une discussion s’engage sur Bugzilla. Souvent la personne qui veut corriger le bug engage la conversation et le mentor la guide et lui donne un feedback (retour) sur les premières choses qu’il a commencées à écrire.

Pour le bug qui vous intéresse et que vous avez choisi, il y a sur Bugs Ahoy! un lien direct vers Bugzilla, la base de données de tous les bugs de tous les projets de Mozilla et donc de Firefox OS. Vous avez là toutes les informations sur votre bug.

Bugzilla est avant tout une plateforme d’échange entre les développeurs, les mentors, l’assurance qualité et tout un tas de personnes qui travaillent sur Firefox OS. C’est là que vous entrez en contact avec les autres. Sur Bugzilla, vous trouvez les étapes de reproduction du bug pour voir de quoi il s’agit et pouvoir commencer à résoudre le bug.

Son environnement de développement c’est VIM pour pouvoir écrire du code et le WebIDE pour déboguer.

Quand on a corrigé le bug… c’est pas terminé. Il faut écrire des tests pour pouvoir assurer une bonne couverture du code et pouvoir garantir la qualité de Firefox OS. Une fois les tests écrits et que le patch est accepté, le bug est marqué sur Bugzilla « resolved fixed ». Vous avez terminé avec ce bug.

Bar de Mozilla Paris pour fêter Firefox OS en France (photo de Tristan Nitot via Twitter)

Natalia, Claire et Flore : le dynamisme de la communauté francophone

Natalia est en charge de promouvoir Firefox OS chez Mozilla. Elle raconte que, quand ZTE est venu les voir pour dire : « on est prêt à lancer en France et on aimerait savoir si on pourrait nous aider pour faire la promo de Firefox OS ». Ils ont alors demandé des choses un peu folles. Ils ont demandé beaucoup de choses et il y avait Leclerc qui disait :

« — oui, il faut faire la promotion ;
« — ça va être la rentrée ;
« — ça va vraiment être le produit phare de la rentrée ;
« — on besoin de gens dans les magasins, plusieurs week-ends d’affilée. »

C’était beaucoup demandé et elle s’est dit : on va voir ce que l’on peut faire.

Tristan photographiant Flore et Claire se marrantElle a tenu à remercier Claire qui l’a beaucoup aidé au départ pour expliquer qui était la communauté francophone. La deuxième personne à remercier c’était Flore. Toutes deux – des bénévoles – entrent en scène et Flore parle au nom de la communauté pour expliquer que la communauté s’est ce qui nous différencie des concurrents dont on ne parle pas. La communauté participe à Mozilla et l’échange va dans les deux sens. La communauté participe à l’élaboration de Mozilla, à la conception des logiciels, à la promotion des logiciels et maintenant des téléphones, etc. et en échange Mozilla fait confiance à la communauté en donnant des pouvoirs, des délégations à des membres de la communauté.

La communauté ce n’est pas juste les gens qui vont venir dans les Leclerc par exemple comme début septembre en disant : « il est bien ce téléphone, il faut l’acheter ! » C’est pas ça la communauté. La communauté, qu’est-ce qu’on fait ? En prenant son exemple, quand elle est arrivée il y a 10 ans de cela, Flore faisait de la traduction. Si votre téléphone Firefox OS est en français, c’est parce que c’est la communauté qui l’a traduit. Si Firefox Desktop (pour ordinateur) c’est la communauté qui l’a fait. Firefox Desktop est traduit et localisé dans plus de langues que Windows. Des personnes utilisent Windows en anglais, mais on Firefox dans leur langue.

Qui peut venir ? Tout le monde est le bienvenu. N’importe qui avec une grosse envie d’aider est bienvenu. Il y a de la place pour les développeurs, pour ceux qui veulent traduire, pour ceux qui veulent faire la relecture et le contrôle qualité des traductions, pour ceux qui veulent aider les utilisateurs – le forum de MozFr a une section Firefox OS et tous ceux qui veulent poser une question sont les bienvenus comme ceux qui veulent y répondre. Tout le monde est le bienvenu : jeunes, moins jeunes. La communauté Mozilla, c’est l’ouverture aux gens. L’ouverture c’est vraiment partout.

Flore, Claire et Natalia (photo Tristan Nitot via Twitter)Claire précise que la communauté dont on parle c’est la communauté francophone qui dépasse largement la France. Elle se compose de presque une vingtaine de pays. Quand vous contribuez et venez nous rejoindre, ça dépasse largement nos frontières. Ça vaut la peine. On a besoin de tout le monde. On a la preuve, Flore étant technique, Claire pas, et que chacune a pas faire quelque chose. On peut tous avoir une utilité même les non-geeks. On arrive tous à trouver une place chez Mozilla.

Ça vaut vraiment la peine car il y a beaucoup d’enthousiasme, beaucoup d’entraide, on apprend plein de choses et on a tous quelque chose à donner aussi. Il y a aussi beaucoup d’amour.

Derrière Firefox OS, il y a plein de belles choses qui en font un téléphone unique et un OS unique surtout avec une éthique et une communauté derrière avec beaucoup de belles choses que l’on ne trouvera pas chez les autres.

Soyez les bienvenus si vous voulez nous rejoindre. On a un site MozFr.org et on attend que vous.

Natalia revient avec des indiscrétions internes qui mettront du baume au cœur à tous les membres de la communauté francophone. Elle affirme qu’on attendait beaucoup de la France et de Firefox OS en France, et de l’investissement de la communauté. « Je dois dire que j’ai été stupéfaite que beaucoup beaucoup de gens sont très contents et même époustouflés par ce qui a été fait par la communauté ; c’est pour ça que je tiens vraiment à remercier Claire, Flore pour avoir donné l’impulsion à la communauté francophone. » Enfin, elle a un autre aveu à faire : chez Mozilla, en interne, il y a des mails qui circulent pour dire : « wouah ! mais qu’est-ce qu’ils ont fait en France ? La communauté francophone, vous avez vraiment eu un effet incroyable. » Vraiment de gens partout dans le monde parlent de ce qui s’est passé ici en France.

Pour finir : on a commencé quelque chose, on a mis une impulsion et c’est que le début !