PRISM le programme de surveillance électronique américain géré par la NSA, l’organisme de renseignement gouvernemental des États-Unis, fait parler de lui depuis plus d’une semaine. Depuis que le quotidien britannique The Guardian affirme, suite aux révélations d’Edward Snowden, que la NSA dispose d’un accès direct aux données hébergées par les géants américains des nouvelles technologies, parmi lesquels Google, Facebook, YouTube (Google), Microsoft, Yahoo!, Skype (Microsoft), AOL et Apple. Vous remarquerez que parmi les principaux éditeurs de navigateurs Web, seul Mozilla ne figure pas dans cette liste.

Mozilla ne se repose pas sur ses lauriers mais se lance une fois de plus dans l’arène politique en soutenant une pétition : Stop Watching Us (dont Framalang a traduit la lettre introductive au Congrès : Arrêtez de nous regarder). La coalition d’organisations, d’entreprises et d’individus éminents à l’origine de cette pétition a trois requêtes : Réforme, enquête, responsabilité.

Surveillance intégrale, le billet de Mitchell Baker, la présidente de la fondation Mozilla, a été traduit par Goofy pour MozFr.org. Elle rappelle que Mozilla demeure fidèle à ses valeurs de respect des données privées (voir par exemple le Manifeste de Mozilla). Voyons maintenant le billet du blog officiel de Mozilla de son directeur de la vie privée et de la politique publique, Alex Fowler, annonçant le lancement de cette initiative :



D’autres points de vue de Mozilliens :
Billet de Mitchell Baker, « Total Surveillance »
Billet de Ben Adida, « No User is an Island »
Billet de Chris Lawrence, « NSA Surveillance Revelations are a Teachable Moment »

La semaine dernière, des rapports de médias ont vu le jour pour rendre compte du fait que le gouvernement américain exige de grandes quantités de données des sociétés Internet et de téléphonie par l’intermédiaire de programmes de surveillance top secrets. Les révélations, qui confirment nos pires craintes, soulèvent de sérieuses questions sur les protections individuelles de la vie privée, les contrôles sur les pouvoirs du gouvernement et les décisions judiciaires ayant une incidence sur certains des services les plus populaires du Web.

Mozilla lance aujourd’hui StopWatching.Us — une campagne parrainée par une large coalition d’organisations de tout le spectre politique et technique faisant appel aux citoyens et organisations à travers le monde pour exiger des comptes complets montrant à quel point nos données, communications et interactions en ligne sont surveillées.

Ce qui est en jeu

Chaque fois que nous partageons des informations en ligne, il y a un risque intuitif d’exposition à ce que quelqu’un avec qui nous n’avons pas l’intention de partager puisse y accéder. Ça participe de l’utilisation d’un moyen de communication ouvert, largement distribué et mondial.

Mais il existe différents niveaux d’exposition :

  • Il y a l’utilisation d’un service où vous interagissez avec des amis, recherchez de nouvelles possibilités d’emploi ou tout simplement jouez à un jeu, où ces activités sont consignées par le service.
  • Il y a l’activation de la géolocalisation sur une application mobile afin qu’elle puisse personnaliser votre expérience, fournissant ainsi à l’application des données sur vos mouvements.
  • Il y a la conséquence involontaire du partage à outrance sur un réseau social.
  • Puis, il y a des niveaux d’exposition plus graves — tels que les gouvernements, les mises en application de la loi ou les agences de renseignement obtenant l’accès à nos données privées stockées dans le « cloud », les journaux créés par nos fournisseurs de services Internet et autres sociétés qui retracent des choses sur nous.

Les trois premiers sont assez bien connus et les utilisateurs peuvent prendre des mesures pour en savoir plus sur ces pratiques de données par le biais de leur expérience en les utilisant ou en se référant aux politiques de confidentialité et aux conditions du service. La technologie s’améliore également en fournissant des moyens de contrôle supplémentaires et plus de transparence. Mozilla, par exemple, fournit des outils tels que Do Not Track (Ne pas me pister), Persona et l’extension pour Firefox Collusion, entre autres.

Cependant, les expositions résultant de la surveillance en ligne financées par le gouvernement sont entièrement distinctes de la question de savoir si nous choisissons de partager de l’information et de ce que disent ces sites qu’ils feront ou ne feront pas avec nos données. C’est parce que, au moins aux États-Unis, ces sociétés sont tenues de respecter une ordonnance du tribunal pour partager nos informations avec le gouvernement, qu’ils le veuillent ou non. Mozilla n’a pas reçu un tel ordre à ce jour, mais ça pourrait nous arriver à l’avenir à mesure que nous créons de nouveaux services basés sur l’utilisation de serveurs.

Il y a un certain nombre de problèmes avec ce genre de surveillance électronique. Tout d’abord, Internet rend beaucoup plus facile l’utilisation de ces pouvoirs. Il y a beaucoup plus de données disponibles. Les autorités légales pour exercer une surveillance électronique ont connu une expansion au cours des dernières années, parce que les lois sont écrites en termes généraux. Et, en tant qu’utilisateurs, nous n’avons pas de bons moyens de savoir si le système en cours d’utilisation est victime d’abus, parce que tout se passe derrière des portes closes.

Impliquez-vous

Lorsque nous repensons à la réaction du public à SOPA/PIPA, deux projets de loi du Congrès contre le piratage, où Mozilla et d’autres organisations ont demandé au public de s’impliquer, nous avons été époustouflés par la réponse. Des centaines de milliers de personnes ont contacté leurs représentants avec des inquiétudes sur l’impact potentiel sur le Web de ces législations. Nous avons vu la même chose avec l’ACTA dans l’UE. Nous devons raviver cette énergie plus que jamais pour que nos élus prennent les mesures nécessaires pour clarifier la façon dont les politiques actuelles de surveillance sont mises en œuvre.

Mozilla croit en un Internet où nous n’avons pas à craindre que tout ce que nous faisons est pisté, surveillé et consigné par les entreprises ou les gouvernements. Et, nous croyons en un gouvernement dont les actions sont visibles, transparentes et responsables.

Ce qui est unique pour Mozilla est que notre seule responsabilité est envers les internautes qui se fient à un Web ouvert, où le contenu, l’imagination, la confiance et l’innovation peuvent prospérer.

Nous prenons position pour les utilisateurs. Nous voulons que chaque utilisateur prennent position également : StopWatching.Us


Twitter : @stopwatchingus
#stopwatchingus


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Creative Commons : « Paternité – Partage des conditions initiales à l’identique 3.0 »
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Merci à Hervé Renault pour la relecture de cet article.

Sources et références